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PÉDOPHILIE : LES VICTIMES DU PÈRE RIBES "PROBABLEMENT TRÈS NOMBREUSES"

Mercredi 19 Janvier - 14:35

Actu. locale


Olivier de Germay, archevêque de Lyon. - © Léa Duperrin / Radio SCOOP
Au lendemain d'une réunion publique qui s'est tenue à Grammond (Loire) d'où le Père Ribes était originaire, l'archevêque de Lyon Olivier de Germay s'est exprimé sur l'affaire. Une dizaine de personnes ont témoigné avoir été victimes d'actes pédophiles.


"Je suis personnellement atterré par la perversité de ce prêtre qui a abusé de l'innocence de tant d'enfants et je suis profondément bouleversé par la souffrance de ces victimes." C'est par ces mots que l'archevêque de Lyon a commencé la conférence de presse qui s'est tenue ce mercredi 19 janvier un peu avant midi.

Au cœur de l'affaire qui secoue les diocèses de Lyon, Grenoble et Saint-Etienne, un homme : Louis Ribes. Prêtre décédé en 1994, il est mis en cause pour des faits d'attouchements, d'agressions sexuelles commis sur des enfants dans les années 1970 et 1980. Des faits prescrits, "des blessures enfouies depuis des décennies, toujours extrêmement douloureuses", a indiqué Olivier de Germay.

"Une culture du silence, du déni"


Lors d'une première réunion publique qui s'est tenue mardi soir à Grammond en présence de l'évêque de Saint-Étienne, d'autres personnes ont témoigné. L'un d'eux pour la toute première fois. Une douzaine de victimes se sont à ce jour fait connaître suite à l'appel à témoins qui a été lancé. Le chiffre est encore flou, tout comme l'ampleur des faits. "Les victimes sont certainement et malheureusement très nombreuses", a seulement précisé Olivier de Germay face à la presse.

"Il faut continuer de donner la priorité aux personnes victimes et faire en sorte que l'Église ne se dérobe pas" a-t-il aussi ajouté. "Nous souhaitons assumer le fait que l'Église n'a pas su se démarquer de la culture de l'époque, qui était une culture du silence ou du déni, où l'on cherchait avant tout à protéger l'institution."

L'appel à témoins se poursuit pour recenser d'autres victimes potentielles. Dès le mois de février, celles qui le souhaitent pourront être mises en lien avec l'instance indépendante de reconnaissance et de réparation instaurée par l'Église. Une lettre d'information sera adressée aux victimes très prochainement, indique le diocèse de Lyon, qui promet aussi de recevoir celles qui en feront la demande. Le diocèse indique par ailleurs contribuer à ce fonds à hauteur de 750.000 euros.

"Je sais que la fille d'une des victimes du Père Louis Ribes s'est plaint de ne pas avoir été reçue par le diocèse. Dans les premiers échanges, elle ne souhaitait pas nous rencontrer, ce qui peut parfaitement se comprendre. Les faits se sont produits dans le diocèse de Grenoble, qui a pu la recevoir. Elle a ensuite demandé à me rencontrer. Je reconnais qu'il y a pu avoir un manque de coordination et un manque de réactivité. Je lui en demande pardon, et je la rencontrerai dès que possible", a détaillé l'archevêque de Lyon.

Les peintures du Père Ribes décrochées des églises


Qui savait pour le Père Ribes ? La question se pose, encore une fois. "Il y a certaines personnes qui n'avaient rien vu. Y compris des personnes qui étaient assez proche de lui, et qui tombent des nues aujourd'hui. D'autres avaient senti qu'il y avait des choses, y compris dans les familles. Mais à l'époque, ça n'est pas remonté", affirme Olivier de Germay. "Je suis arrivé il y a un an, en décembre 2020. Peu de temps après j'ai souhaité que l'on fasse le point sur les affaires en cours et le nom de Louis Ribes n'y figurait pas."

Rien dans son dossier. Le diocèse de Lyon dit avoir reçu un premier témoignage à l'été 2021, suivi d'un autre au mois de novembre. Avant cela, le diocèse avait été contacté dans le cadre de l'enquête de la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église) qui a rendu son rapport dernièrement. À l'époque, le diocèse ne savait rien. "Nous avions eu la même réponse quand le diocèse de Grenoble nous avait posé la question, c'était en 2016."

Qu'adviendra-t-il enfin des œuvres du prêtre, disséminées un peu partout dans la région entre les diocèses de Lyon, de Grenoble et de Saint-Étienne ? "Certaines personnes victimes nous ont dit que l'exposition publique de ces œuvres leur était insupportable", a rappelé Olivier de Germay. Des peintures que Louis Ribes réalisait à partir de modèles, des enfants à qui ils demandaient de poser nus.

Conjointement, les diocèses de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne ont d'ores et déjà décidé de retirer les tableaux qui leur appartenaient. "La dépose a déjà commencé, en particulier dans le village de Pomeys (Rhône) où il passait ses vacances."

D'après le diocèse de Lyon, environ 70 œuvres du peintre s'y trouvent dont 18 appartiennent au diocèse, la plupart dans les églises. Concernant les vitraux réalisés par Louis Ribes, qui appartiennent aux municipalités, le diocèse a indiqué vouloir informer les communes de la situation.

Les cellules d'écoute mises en place


Pour le diocèse de Lyon : 04.78.81.48.45 / signalement@lyon.catholique.fr

Pour le diocèse de Saint-Étienne : 04.77.59.30.66 / accueil.victimes@diocèse-saintetienne.fr

Pour le diocèse de Grenoble Vienne : 07.68.77.29.60 / cellule.ecoute@diocese-grenoble-vienne.fr