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FOOT : HARCELÉE PUIS ÉCARTÉE DU CLUB, UNE JEUNE JOUEUSE MET EN CAUSE L'OL

Samedi 6 Juillet - 16:59

Football


Un agent et une voiture de la police nationale. - © Ministère de l'Intérieur
L'affaire tombe mal à la veille de la finale du Mondial féminin dans son stade: l'Olympique lyonnais est mis en cause pour discrimination par la famille d'une adolescente, harcelée par un entraîneur puis écartée du centre de formation.


Interrogé samedi sur ces informations de Mediapart, le parquet de Lyon a confirmé qu'une enquête était en cours, "du chef de propositions sexuelles à mineures de 15 ans", à la suite d'un signalement émanant du club.

Les faits remontent au printemps 2018 quand, à l'issue d'un tournoi en Alsace, un entraîneur a été dénoncé par deux joueuses de l'équipe des moins de 16 ans pour des SMS, des conversations et des gestes relevant du harcèlement sexuel.

Convoqué aussitôt, l'entraîneur a démissionné et l'OL a signalé les faits au procureur - "on ne pouvait pas techniquement déposer plainte", justifie le club.

Une enquête ouverte en septembre 2018

D'après Mediapart, ce signalement a été effectué le 21 juin 2018 et l'enquête a été ouverte trois mois plus tard, confiée aux policiers de la DDSP du Rhône selon le parquet. Depuis, le mis en cause n'a toujours pas été entendu, ni les victimes, déplore Slim Ben Achour, avocat d'une des joueuses.

Sa cliente a par la suite été écartée du centre de formation lyonnais. Mais si elle n'a pas été retenue, c'est pour des raisons "sportives et/ou scolaires" qui n'ont rien à voir avec l'affaire, soutient le club. Sans convaincre les parents de la joueuse, âgée aujourd'hui de 17 ans.

Une audience prévue le 22 juillet

A leur demande, Me Ben Achour vient d'assigner l'OL au civil, devant le TGI de Lyon, pour obtenir une série de documents relatifs à l'affaire, que le club lui refuse pour l'heure. L'audience est prévue le 22 juillet.

Cette procédure vise à mettre en cause l'OL sur le plan de la protection des mineurs et de la discrimination. "On s'est aperçu qu'il n'y avait aucun cadre juridique pour les filles au sein du centre de formation, contrairement aux garçons", affirme l'avocat.

La joueuse écartée ne disposait en effet que d'une licence amateur d'une durée d'un an. Mais le club assure qu'il respecte là les règlements.

"Les contrats d'aspirants", que la Charte du football professionnel prévoit pourtant pour tout jeune joueur, "n'existent pas pour les filles, c'est ça le fond du problème", souligne un porte-parole. En démentant toute discrimination: "au contraire, depuis 15 ans que l'OL est présent dans le foot féminin, on essaie de faire changer les choses".

L'OL est une des équipes pionnières en France et un modèle sportif pour beaucoup dans le foot féminin. Elles ont cette saison de nouveau terminé championnes de France et d'Europe.

(Avec AFP)