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VINCENT TOLISSO : "JE VIS UN RÊVE À TRAVERS CORENTIN"

Mardi 15 Juin - 01:04

Football


Corentin Tolisso et son papa, Vincent, avec la Coupe du Monde - © DR
L'équipe de France débute l'Euro 2021 avec un énorme choc face à l'Allemagne, ce mardi soir (21 heures) à Munich. Joueur du Bayern, Corentin Tolisso attend ce match avec impatience, avec le soutien d'une famille très présente. Son papa, Vincent, a reçu Radio Scoop. Entretien.


Né à Tarare et formé à l'OL, l'enfant d'Amplepuis (Rhône) est devenu un joueur incontournable chez les Bleus. Parfois titulaire, parfois remplaçant mais toujours utile, Corentin Tolisso disputera un Euro pour la première fois de sa carrière. Son papa, Vincent, nous a reçu pour une interview qui permet de mieux comprendre le gone "Coco" : ses débuts dans le foot, sa force mentale, la filiation avec son père, ancien footballeur amateur, son palmarès et surtout son éducation.

Corentin Tolisso va jouer l'Euro avec l'équipe de France. Pourtant, ce n'était pas gagné après sa grave blessure à la cuisse en février...
Non, pas du tout. C'est même un miracle ! Après sa blessure en février, il avait très peu de chance d'être rétabli pour l'Euro et pour certains, son forfait était acquis. Moi, j'étais partagé : d'un côté, je me disais que c'était cuit, parce que les prévisions annonçaient 3 ou 4 mois d'absence, mais d'un autre côté, je connais mon fils et sa force mentale. Il avait toujours espoir et quand c'est comme ça, on pousse tous derrière lui pour l'accompagner dans ce qu'il veut réaliser.


A-t-il toujours eu cette force mentale ou est-ce venu avec le temps ?
Toujours. Depuis tout petit, il a toujours surmonté les blessures. Avant celle du mois de février, il avait déjà eu deux grosses blessures et il les a surmontées. Chaque fois, il est revenu à son meilleur niveau. Il a toujours eu cette envie de réussir, d'arriver tout en haut et d'atteindre ses rêves. Alors quand on a vu son nom s'afficher dans la liste des 26 joueurs sélectionnés pour l'Euro, le 18 mai, on était soulagé, fier et surtout heureux pour lui, après ce qu'il a traversé. Je l'ai appelé pour le féliciter.

"Corentin réalise mon rêve"


Il a débuté les deux matchs de préparation. Il aura donc un grand rôle à jouer
Il est sur la lancée de sa préparation physique, il est bien. Et tout le monde connaît son état d'esprit : il est là pour jouer au foot, il ne fera jamais d'histoire. Il sera prêt quand le coach fera appel à lui, pour rendre la confiance.

Commencer l'Euro en affrontant l'Allemagne, à Munich, à la maison, est-ce particulier ?
C'est un sacré clin d'œil ! Ce match, il espère le jouer (sourire). Il connaît la plupart des joueurs allemands puisque ce sont ses coéquipiers au Bayern et qu'il les côtoie tous les jours. C'est un petit piment qui se rajoute à ce match. Ils ont dû en parler depuis un moment entre coéquipiers.

Si la France remporte l'Euro, Corentin aura gagné toutes les grandes compétitions en club comme en sélection (il a déjà remporté la Coupe du Monde, la Ligue des Champions, la Supercoupe d'Europe et la Coupe du Monde des clubs). Ce serait phénoménal !
(Rires) Oui, qui aurait cru ça quand il a commencé le foot à Amplepuis puis à L'Arbresle ? En tout cas, pas moi ! C'est certain, je ne pouvais pas imaginer qu'il gagnerait autant de trophées. C'est le rêve de tous les papas... Lui réalisera tout ce qu'il accompli quand il arrêtera. Aujourd'hui, il a 26 ans, il est à la moitié de sa carrière, j'espère que son palmarès va encore s'étoffer.

Gardez-vous des souvenirs des premières fois où vous l'avez emmené à l'entraînement ?
Ah oui ! C'était en 2000, il venait d'avoir 6 ans, à Amplepuis. Il aimait bien le foot, courir après le ballon et faire des gestes techniques. Un écart avec les autres ? Un petit peu, mais ce n'était pas si énorme. En tout cas, pas de quoi s'attendre à devenir joueur professionnel, évoluer à l'OL puis au Bayern Munich et être sacré champion du monde. Jamais de la vie je l'aurais cru !

Vous étiez un très bon joueur au niveau régional dans les années 80 dans la région lyonnaise. Il avait donc des gènes...
J'ai joué à un bon niveau amateur mais je n'avais pas les moyens d'aller au-dessus. J'ai fait ce que j'ai pu (sourire). Le petit a pris la suite et je vis un rêve à travers lui. Ce que Corentin vit, c'est ce que j'aurais aimé vivre. C'est beaucoup d'émotion chaque fois que je le regarde à la télé. Il réalise mon rêve. C'est encore mieux...

"Que l'homme soit récompensé, c'est encore plus fort que le joueur..."


Débriefez-vous les matchs avec lui ?
Non, non, non. Je regarde, je lui envoie un petit message quand il fait un bon match mais je ne m'attarde pas. Je ne vais pas lui casser la tête : "tu aurais dû faire ça". Ça ne rime à rien, je n'ai pas de conseils à lui donner. Une fois que le match est fini, on passe à autre chose. Il n'y a pas que le foot dans la vie.

Justement, Corentin s'engage beaucoup pour les enfants en situation de handicap. Il a d'ailleurs reçu un trophée UNFP pour ses actions et il a décoré sa chambre en équipe de France avec des posters de certains enfants avec qui il garde le lien (voir la vidéo dans le tweet ci-dessous). Comment réagissez-vous ?
C'est une de nos plus grandes fiertés, ma femme et moi. Sincèrement, quand il a reçu ce trophée, on était super heureux, super fiers. Quand le joueur est récompensé, c'est génial. Mais quand c'est l'homme, c'est encore plus fort (ému). À la maison, on dit que "donner aux autres, c'est donner un sens à son existence". Et il n'a pas oublié ça : Corentin est plein d'humilité, il sait d'où il vient et on lui a toujours inculqué ça, ma femme et moi. Il a ce côté altruiste, dans la vie comme sur le terrain.